Rouler sur du
chrysotile? C’est possible et fort probable, car bon nombre de routes du Québec
sont recouvertes de bitume de chrysotile depuis 1917. Et contrairement à ce que
certains croient encore aujourd’hui, l’asphalte contenant du chrysotile
(environ 1,5 %) ne libère pas de quantité significative de fibres dans
l’environnement. Il est donc inutile et ridicule de penser que de vivre près du
route en contenant mènera à une mort certaine. Il serait plus logique de
craindre les émanations libérées par les voitures circulant sur ces routes.
Pourquoi ajouter des fibres de chrysotile
dans l’asphalte? Simplement parce que ces fibres permettent d’augmenter la
résistance à l’usure, aux fissures et à l’orniérage, sans perte de stabilité.
Ajoutons à cela une augmentation de la souplesse et de la résistance au gel.
Malgré le fait que les coûts d’utilisation soient un peu plus élevés (environ
5%), en somme, les fibres de chrysotile confèrent à l’asphalte imperméabilité,
souplesse et résistance à la fatigue et au vieillissement, et représente une
solution idéale pour les route ayant un important débit de circulation. Comme
la durabilité de ce revêtement peut atteindre le double des revêtements
traditionnels, la majoration de coût est aisément absorbée sur la durée de vie
de la route et représente des économies substantielles pour les contribuables.
Pour ajouter du chrysotile à du bitume,
il suffit de verser, dans le mélange, des sacs de fibres spécialement conçus
pour cet usage. Les sacs, de matière plastique,
fondent dans le bitume porté à haute température, évitant ainsi le risque de
dégager des fibres dans l’environnement de travail. Par la suite, une fois les agrégats
introduits dans le mélange, on applique le tout sur la chaussée. Ajoutons que
de récentes données démontrent que la pose de chryso-asphalte est sans danger
pour la santé des travailleurs; la libération de fibres dans l’air n’excède pas
le niveau présent naturellement dans l’environnement. Même lors de situations
dites extrêmes et peu probables (scarification à sec), la libération de fibres
de chrysotile dans l’air est cinq fois inférieur à la norme prescrite par
l’Organisation mondial de la santé, soit de 1 fibre/cc.
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