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vous êtes ici: Science et publications / Monographies et Rapports / Health & Safety Executive (traduction libre de l'Institut de l'Amiante) [Health & Safety Executive -
Bilan des données sur la toxicologie des fibres
RÉSUMÉ Cette revue débute par l'évaluation des données actuelles sur la santé et l'amiante, sujet central des préoccupations reliées aux fibres et à la santé professionnelle. Le document aborde ensuite des questions plus générales sur la toxicologie des fibres.
On est arrivé à la conclusion de l'existence d'un seuil d'exposition, en deçà duquel aucun signe radiologique ou clinique de fibrose pulmonaire (amiantose) ne devrait apparaître. Ce seuil, donc en fait la pente de la courbe dose-réponse, dépend du type de fibre et de la taille des fibres dans les lieux de travail. Il semble y avoir une étroite relation entre la fibrose pulmonaire et le cancer du poumon pour les raisons suivantes: similitude de leur dose-réponse par rapport à l'exposition à l'amiante et de leur période de latence, même dépendance du type et de la taille des fibres, et même origine dans une condition d'inflammation chronique sous-jacente. Ces observations suggèrent que le cancer du poumon dû à l'amiante, tout comme la fibrose, est un phénomène de seuil. On peut donc en conclure que les expositions qui sont trop basses pour déclencher l'inflammation chronique/prolifération des cellules (manifeste par exemple dans le cas d'hyperplasie des cellules alvéolaires type II ou de fibrose) ne provoqueront pas non plus d'augmentation du risque de cancer du poumon.¸ L'évaluation Doll et Peto (1985) sur le risque de cancer du poumon dû au chrysotile fut basée sur un modèle linéaire sans seuil, appliqué aux données de mortalité d'une usine de textile de chrysotile. Cependant, les autres preuves en matière de toxicologie ne permettent pas de justifier le modèle sans seuil, pour le cancer du poumon associé à l'amiante. Il existe vraisemblablement un seuil pratique. Très peu de cas de mésothéliome peuvent être attribués, hors de tout doute, au chrysotile, et ceci malgré les milliers de travailleurs ayant subi des expositions massives et prolongées à ce type d'amiante. Par contre, on a décelé des mésothéliomes parmi quelques travailleurs n'ayant été exposés que brièvement à des amphiboles. Ces différences sont vraisemblablement dues à la courte durabilité du chrysotile dans les poumons alors que les amphiboles ont une biopersistance plus longue. Il semblerait qu'à un même niveau d'exposition, le risque de mésothéliome soit plus élevé s'il s'agit d'amphiboles que s'il s'agit de chrysotile. D'après des études sur les humains, les amphiboles peuvent provoquer le mésothéliome à des niveaux d'exposition cumulative inférieurs à ceux nécessaires pour déclencher le cancer du poumon. Cependant, aucune courbe dose-réponse fiable ne peut être construite pour le mésothéliome relié à l'amiante, ni chez l'animal, ni chez l'humain; et bien que l'on puisse déterminer un seuil théorique, les données disponibles ne permettent pas d'identifier un seuil d'exposition en deçà duquel il n'y aurait aucun risque. Dépôt et évacuation L'évacuation des fibres déposées dans les régions alvéolaires du poumon se fait par la phagocitose due à l'action des macrophages, processus très efficace sur les fibres courtes (5 microns et moins) mais dont l'efficacité diminue au fur et à mesure que la longueur des fibres augmente, jusqu'à devenir négligeable pour les fibres de plus de 16 microns. À long terme, certaines fibres, selon leur composition chimique, passeront par la dissolution ou le filtrage de certains éléments de la structure de la fibre. Ceci peut mener à une fragmentation et faciliter l'évacuation. À dimensions égales, l'évacuation pulmonaire du chrysotile est plus rapide que celle des amphiboles. Études animales L'injection par voie intratrachéale (IT), bien que suivant la même voie que l'inhalation, ne reproduit pas le même processus de déposition pulmonaire que les fibres inhalées. La même dose reçue en un seul bloc peut provoquer une réponse inflammatoire plus forte dans les poumons que l'inhalation progressive. Donc, pour les fins d'évaluation des effets potentiels des fibres sur la santé de l'homme, l'administration répétée de petites doses, une ou deux fois par semaine pendant plusieurs mois, devrait donner les résultats les plus fiables. Il semble qu'il serait sensé de considérer les résultats de carcinogénécité positive dans une étude IT comme une donnée valable sur le potentiel cancérogène des fibres inhalées, à moins de données contraires dans d'autres études basées sur l'inhalation. Par contre, si les résultats négatifs d'une étude IT bien menée suggéraient une absence de danger, dans le contexte d'une stratégie d'évaluation de toxicité des fibres, il ne serait pas justifié de remplacer cette étude par des tests de carcinogénécité par inhalation. La voie de l'inhalation est la plus adéquate pour analyser l'exposition humaine aux fibres. Donc, les études animales utilisant cette méthode devraient fournir des données plus claires sur l'identification du danger et la définition de la relation dose-réponse. Les études d'inhalation sur les rats arrivent à démontrer le danger, déjà bien connu, que présente l'amiante pour l'homme. Cependant, en général, très peu de mésothéliomes peuvent être déclenchés par ce processus et il faut donc utiliser de nombreux rats (+-100) pour soutenir valablement cette conclusion. Mécanisme de la pathogénécité de la fibre Toute détérioration des voies aériennes épithéliales peut faciliter le passage des fibres, des voies aériennes aux interstices pulmonaires, fait qui semble important dans le développement de la fibrose interstitielle pulmonaire. Le mécanisme du développement de la fibrose pulmonaire semble être dû à la capacité des fibres de provoquer chez les cellules cibles une augmentation chronique des sécrétions de cytokines à facteur de croissance. Ceci semble prouver l'existence d'une relation entre la fibrose interstitielle pulmonaire provoquée par la fibre et le cancer du poumon, ce qui est d'ailleurs conforme à l'idée que les taux croissants de prolifération cellulaire, associés à une inflammation chronique et une fibrogénécité, prédisposent à une transformation cellulaire néoplasique. On manque de preuves convaincantes sur la capacité des fibres à déclencher des changements génétiques directs pouvant conduire éventuellement à la cancérogénèse. Les mécanismes de l'induction du mésothéliome par la fibre sont probablement similaires à ceux du cancer du poumon, impliquant une inflammation chronique et une prolifération croissante des cellules conduisant éventuellement à une transformation néoplasique. Cependant, il existe encore quelques incertitudes concernant, par exemple, le développement et l'importance de la translocation de la fibre aux tissus mésothélials. Des preuves récentes démontrent que des changements pleuraux peuvent être affectés par les effets indirects, non pas de la pénétration des membranes pleurales par la fibre, mais du dépôt de fibres dans les régions alvéolaires des poumons, à la toute proximité de la membrane subpleurale. La signification de tout ceci par rapport à la toxicité pleurale n'est pas claire. Stratégie d'essais sur la toxicité des fibres Par ailleurs, il n'est pas possible, dans l'état actuel de nos connaissances, de prédire avec exactitude le danger toxicologique, à partir des mesures des propriétés physico-chimiques; certaines propriétés comme la solubilité de la fibre et la réactivité de la surface sont jugées déterminantes pour la toxicité. Par conséquent les mesures de ces propriétés, lorsqu'elles sont croisées avec d'autres données, devraient fournir de sérieux indices de toxicité potentielle. Il existe maintenant une compréhension suffisante des mécanismes sous-jacents à la toxicité de la fibre pour mener des études valables des effets inflammatoires, cytotoxiques et prolifératoires, lors d'études animales à court terme, et lors de tests in vitro. Les résultats d'un nombre limité de tels tests devraient permettre de prendre des décisions quant à la toxicité potentielle ainsi qu'à la nécessité de poursuivre les essais. Les fibres que l'on sait être relativement solubles, démontrant une faible réactivité de surface et une faible activité biologique, lors de tests de toxicité à court terme, peuvent être considérées peu préoccupantes et ne pas nécessiter de tests additionnels. Si ces critères ne sont pas atteints, la prochaine étape d'une stratégie d'essais de toxicité consisterait à mener parallèlement une étude sur le phénomène de l'évacuation par les poumons et une étude d'histopathologie, pendant environ 6 mois. Les résultats devraient conduire à une évaluation du potentiel fibrogène et fournir en même temps des indications du taux de dissolution de la fibre, du relargage et de l'épuration globale. On devrait posséder alors assez d'informations pour permettre au moins une prédiction prudente du potentiel cancérogène. Les fibres dont la cytotoxicité, la capacité d'induction d'une prolifération cellulaire et d'une fibrogénèse sont prouvées, avec des preuves limitées de l'épuration pulmonaire, peuvent être alors considérées comme ayant un potentiel cancérogène. Elles devraient donc être traitées comme tel, à moins de données contraires, c'est-à-dire des résultats négatifs d'étude de carcinogénécité portant sur une durée de vie complète. Relation entre la taille de la fibre et la toxicité Il n'y a aucune raison biologique de penser qu'il existe une démarcation exacte de taille permettant de différencier les fibres dangereuses et les non dangereuses. On peut donc en déduire qu'il ne serait pas justifié d'augmenter la norme actuelle de définition d'une fibre réglementée, qui est de 5 microns. Il existe peu de preuves du rôle du diamètre de la fibre. Les fibres plus minces peuvent sembler plus toxiques, simplement à cause de leur plus grande facilité à se déposer dans les poumons, après avoir été inhalées. Mais rien ne prouve que les fibres plus minces sont plus toxiques que les plus épaisses au niveau cellulaire, quand les comparaisons sont basées sur le nombre de fibres. Globalement, d'après l'observation des schémas de dépôts dans la voie respiratoire par rapport au développement des maladies, on peut conclure que, pour des fins de comptage, la principale préoccupation devrait porter sur les fibres identifiées comme respirables, c'est-à-dire susceptibles de se déposer à l'intérieur des régions broncho-alvéolaires. Pour les fibres minérales, il s'agit de toutes les fibres de moins de 3 microns de diamètre. Il n'existe aucune raison, sur le plan toxicologique, permettant de penser que le diamètre minimal des fibres réglementées devrait être réduit en deçà du chiffre actuel. On manque de données toxicologiques sur le ratio longueur/diamètre. HSE BOOKS Mail order: RETAIL HSE priced publications or write to: EH65/30 |
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